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Miscellanées

Ne pas se laisser pétrifier par la neige qui tombe lentement chaque jour…

Père Noël, je voudrais… ( diaporama )

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L’erba nocca?

«La primavera io la sento in questo fiore modesto che non ha colore, ma ha il sangue e l’odor della terra rinata».
Gianni STUPARICH in L’erba nocca.1945

Celle qui soignait la folie. Folle et vénéneuse, elle -même. Plantée là à vous regarder d’en bas, de sa petite taille d’herbe verte et jolie; presque douce, sans prétention. On l’appelle Héllébore; celle de Noël est plus colorée, celle de Corse lui ressemble comme une soeur, toutes les autres sont ses amies. Elle ne vous empoisonne que si vos intentions sont mauvaises ou si vous voulez vous approprier son territoire, sans lui avoir demandé qu’elle vous y invite. Sinon, elle mène sa vie, à son apogée au printemps, à son hypogée le reste de son temps. Une drôle de petite étoile. Ne la côtoyez que si vous êtes sûr de vous-même, c’est à dire honnête.

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Les lumières…

C’étaient celles du XVIIIè. Aujourd’hui, elles se sont éteintes, l’une après l’autre, de part et d’autre, l’espoir avec. Si! Une seule brille encore, toute menue, dans la neige de Noël autrichienne…5 décembre 16.

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Un 2 décembre comme celui-ci…

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Aix, Arles et Avent… Le veilleur.

Le choral du veilleur. Le temps de l’Avent marquait toujours le début des répétitions. Dès la fin du repas, il repartait à La Madeleine et là, dans l’ombre sépulcrale de son espace limité, il s’acharnait sur les jeux, retravaillant la phrase encore et encore. Le quotidien des douleurs et celui bien plus grand des désillusions s’effaçait quand Bach lui parlait et il semblait que leur complicité nous chassait de cette bulle sonore. Samedi, au milieu des cris du marché des Prêcheurs, je me suis glissée dans son antre. Je ne suis pas montée vers lui pour mieux saisir d’en- bas la rondeur du choral, en percevoir la mécanique subtile. Engranger aussi le sautillement des notes, leurs magiques entre- lacs. En le murmurant ce matin, le choral, les premières mesures s’écoulaient, hésitantes.

 sib mib fa sol sol fa fab sol sib lab sol mib fa fab sol re mib

Je voyais bien maintenant où il fallait se préparer à lui tourner la page et je saisissais mieux en risquant un regard oblique vers lui, le moment où le phrasé ne le satisfaisait plus. Il le sollicitait autant de fois que sa rigueur le lui imposait et Bach veillait dans l’atmosphère glacée de décembre. La pièce musicale résumait tous les hivers de l’enfance, là-haut dans l’Est, puis ceux de Provence à peine moins givrés. Car, même Aix est froid. Et terriblement humide en hiver. Ici, pas de vent pourtant, ou si peu. Différente de l’Arles des années de sa jeunesse à elle où soufflait le long des quais du fleuve le redoutable mistral qui léchait le Rhône pour s’infiltrer, patelin, dans la ville figée. De mémoire, les pierres de la Major qui domine le fleuve enseignaient au corps, qui s’attardait dans ce lieu pour l’annuel concert des Noëls d’alors, une préparation matérielle du caveau qui l’attend. Le choral me ramenait aussi à Sainte Claire où, il ne faisait presque plus froid tant notre être crispé en souffrait quotidiennement, tant nous étions LE FROID même ! On nous y avait oubliés, objets dérisoires de l’étude psychiatrique, …

À Aix, la pétrification s’élabore par couches glacées qui s’incrustent en strates patelines sous le manteau épais et jusquedans les bottes fourrées du grand hiver. Dans l’église de La Madeleine, Beau-père, le froid de décembre devenait supportable quand, le dimanche, aux vêpres, vous égreniez ces chorals de Noël pour un public réduit mais qui savait faire la trêve des préoccupations matérielles des fêtes ; et ce public appréciait l’offrande de ces moments précieux. « -Jacques, sois là pour les jeux ; relis ta partition, tu hésites encore quand j’ai besoin de toi. -Pierre, tu as pensé aux programmes ? La couverture ne me plaît pas, mais nous ferons mieux dimanche prochain. Le nombre est suffisant? Dis à Marie Thé d’être à l’accueil une demi- heure avant. – Qui pourra amener Mamée ? Elle tient à « son choral du veilleur » ; vous savez bien que Papé le jouait toujours pour Noël à Cravanche, nous le lui devons ! Un accord tacite entre lui et Le Grand Veilleur… – Babette, monte vite t’asseoir pour le tournement.» Beau-Père… Je n’ai plus froid, enroulée sur le banc de la travée gauche. Là, seulement là où on peut capter les phrases cristallines et paisibles, les notes rares qui vont emplir l’espace, et percevoir, sans pouvoir les retenir, toutes les autres, redondantes qui s’échapperont, inutiles dans l’air frisant des lieux, camouflant à peine le régulier chuintement de l’orgue. Petit oiseau en boule, j’attends qu’il me fasse le signe habituel… « – Madame, vous dormez ? l’église est en chantier. …Le site est interdit au public, c’est dangereux ici. – J’ai rendez-vous pour le concert de demain. Il joue à seize heures trente. Il m’a confié la clé, je dois l’aider à l’orgue. – Vous parlez de qui ? – Monsieur G. joue toujours « le choral du veilleur » en ces temps de l’année. Il dit que l’âme engourdie se vivifie à condition que le veilleur la nourrisse et guette… Venez ! Il a besoin de vous aussi ! – Madame, soyez sensée, Monsieur G. ne vient plus ici depuis longtemps. Le père M. lui a dédié une messe quand il a su… Et puis La Madeleine est fermée depuis trois ans. »

Décembre 2010. À Jean Groelly, mon beau-père.

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L’Avent, suite…

5 heures du mat’, il y a 35 ans, Odilon naissait. Nuit calme, froid redoutable de l’hiver, naissant lui aussi. Docteur qui arrive juste à temps; il a eu, en ville, un accident…Avec qui? Cécile, la soeur de Pierre…Il est des rencontres comme ça…Rien à voir avec l’Avent sûrement. L’Avent, je disais donc, avec ce que l’on a engrangé, ce que l’on a pu engranger, si on a pu le faire…que l’on offre en partage à ceux qui ne l’ont pas fait. Soutenons-nous, c’est comme un vin chaud aux épices que l’on sirote ensemble! Après on est pompette, mais au moins on est gai. Ce pêle-mêle de trucs en vrac comme le calendrier de l’Avent dans ma cuisine, je vous l’offre! Allez, il est 5 heures, le jour nous attend!img_5368

L’Avent, ses valeurs…

Hier, 27 novembre,  premier dimanche de l’Avent… On se met à attendre le messie qui va venir bientôt; on allume des bougies; une pour le pardon de nos fautes, une pour ce qu’ont dit les prophètes, une pour clamer notre confiance dans les patriarches et j’ai oublié le sens de la dernière… Tant pis , je n’en mets toujours que trois. L’égoïsme sans doute ( je suis née un 3). Mais non, Le reste du temps , mes trois valeurs sont la foi en l’homme, l’espérance  et la charité. Comme le porte en elle la croix des anciens de Camargue chère à mon père. Disons -le prosaïquement, il me plaît de faire ma pâte à moi, de mettre dans le creuset des éléments différents… On essaie une autre valeur? Je propose la tolérance. Mais dans l’instant, écoutez le dénuement du RORATE COELI… Facebook, ouvre-toi!

Il dibattito è aperto…at stake…à vos marques!

Je suis née française; un grand petit pays, le mien; moins grand pourtant que l’ Europe et tellement minuscule à côté du monde. Celui toutefois de 89 ( 1700 j’entends) de 71  ( 1800, bien sûr) ou de 68 ( 1900, ça va de soi) qui sait se réveiller. D’un camp ou d’un autre, on me fait  la grimace et des yeux plein de rage quand je dis ça, mais je le dis. C’est ma seule liberté.

Le débat d’hier au soir ( les pressentis Fillon- Juppé) me parle de restructuration profonde, de mondialisation aggravée, d’alliances affichées , de gens les uns contre les autres; car le mot RASSEMBLER n’est qu’un mot. On a donné du temps au temps pour rassembler, en vain… Car au fond, on se méfie de l’autre; de son vote, de son coup de dague, de son fiel parce qu’on n’est pas d’accord. Ça, ça se voit, au fil des rencontres, de réunions en place publique, au regard qui n’est pas franc et qui se détourne, à la main tendue qui est molle, à la bise qui ressemble au baiser de Judas, aux bribes de cancans qui nous reviennent …

Aucun homme chef d’état, si généreux fût-il- vous en connaissez?-, ne peut RASSEMBLER si nous-mêmes ne sommes convaincus de l’ouverture vers l’autre. Campés sur nos positions, nous glisserons toujours notre bulletin tiède et sans conviction ou au contraire plein de dégoulinante haine… Ni Fillon, ni Juppé, ni quiconque ne peuvent faire à notre place ce que nous n’avons pas envie de faire côté FRATERNITÉ…

Un an de parlottes…

Un blog ça sert aussi à ça; à se parler…

Il y a des joyeux, des inconscients, de ceux qui ont plusieurs idées à la fois, de ceux qui n’en ont pas; il y a des sourds,  des muets, des malentendants, des frustrés, des cacochymes, des persécutés, de grands malades aussi;  et encore ceux-là qui, nombreux, au delà du sommeil profond de l’après-vie, nous écoutent  parce que, dans nos pensées, ils sont restés; enfin, il y a des gentils, très gentils …j’en oublie sûrement… Une liste, c’est comme ça, l’ incomplétude…

Tous ceux-là, je les serre contre ma poitrine grand large! Vous aurez remarqué que j’ai laissé à la porte les faux-culs, les petits marquis de basse-cour et tous ceux qui, quand vous dormez, essayent de vous détruire.  Vous savez ceux dont Molière disait:

NOMMEZ-LE FOURBE, INGRAT OU SCÉLÉRAT MAUDIT

TOUT LE MONDE EN CONVIENT, ET  NUL N’Y CONTREDIT

ET S’IL EST,  PAR LA BRIGUE, UN RANG À DISPUTER,

SUR LE PLUS HONNÊTE HOMME ON LE VOIT L’EMPORTER…

Un an de blog, ça se fête et je continue. Chaleureusement.

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« Si j’étais le gros gabian du bout du quai, j‘irais caguer sur la tête des méchants… » (Moussu T e li Jovents)

 

Jours de marche

Non, pas d’accent; rien à voir avec le marché.

La marche seule compte. Celle qu’on entreprend en silence quand, dans les maisons, on mange , dort, se paie sa tranche de  télé ou pleure peut-être…

Je marche dans les rues de  Fiesole; il pleuviote, j’avance; deux hommes, à l’imperméable trop grand, regardent vers le Mugello. Ils attendent…Bonjour! On se sourit; ils sont là depuis peu, il semble; leur peau est cuivrée. Bonjour! Bonsoir! Comme chez Saint-Ex’ et son allumeur de réverbères. On s’est parlé à peine, on aurait pu le faire davantage. Je ne suis pas italienne, eux non plus mais ils vont l’être peut-être. Je marche,  tout ça en tête; l’heure tourne. En garant la voiture dans le soir, un homme pas italien non plus  mais italien quand même, entend notre toux; il me tend un sachet qui soigne me dit-il ;   je vais vérifier, pourquoi pas.      img_5252

C’est son dernier, mais  il veut m’assurer, si je l’ai bien compris,  qu’ elle fait toujours du bien, la poudre dans le sachet. Salut du soir, lui se  faufile dans le restaurant indien de la rue.

Rencontres d’une fois; on y pense.

Il fait noir. Je m’achemine vers la place où m’interpelle la petite boîte à livres Je ne peux pas me servir, dommage.Il y en a qui ont des idées   dans cette vie.             img_5254

Des livres, on vient de m’en donner pour la France et pour la bibliothèque, pour essayer de s’ouvrir à la littérature italienne.

La soirée dure, un joli vin nous attend; charpenté, à traduire par corposo; ah les traductions à la nuance prés; ici le corps ou la charpente, c’est une question de mesure.

C’est déjà demain avec cette rencontre, un « thé à la bibliothèque »,   autour du Piave* édité par Paola; je viens pour ça, mais pas seulement; retrouver des amis aussi. On ne sait pas s’ils le sont encore… On doute; rien n’est jamais acquis.  Ils le seront, finalement; les  sentiments sincères se sentent= j’aime ce genre de frottements qui s’appellent allitérations…chaleureuses ce soir. Ils sont venus, ils sont tous là… Donata est la première qui s’avance; et tout de suite, Anna et Barbara, Le choeur est parmi nous et, très près, Tamara et Valdemaro qui ont tout orchestré ; à ma droite les amis  de ces derniers mois, Andrea, Patricia et Giovanni; Vanni aussi et Pierre enfin, qui m’épaule toujours. On parlera du livre, de ce qu’il contient, de la vie des hommes dans les guerres , dans les drames, de part et d’autre des frontières qui divisent. Nous serons seulement émus d’avoir partagé un moment d’humanité, avec un Bella ciao d’aujourd’hui par le  Coro 900.

En France, demain là-bas, se prépare une élection curieuse; un vote pas obligatoire qui triera des candidats républicains pour  la Présidence; un vote d’évitement…

La marche ne s’arrêtera pas là. La nôtre non plus qui continuera vers la mer, que l’on observe  d’un port ou d’une jetée, scrutant le lointain des hommes apeurés et qui partent; marche forcée. Se dire et se redire que la nôtre doit continuer, le regard haut et les mains hors des poches.

Allons! Lève -toi et marche!

*copertina Et la Piave murmure... 4.0 - copie F 2 (2)

Fiesole…samedi 19 novembre 16.

Vi aspetto in biblioteca… Passaparola! A presto

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